Henri Ernest Anaclet Parayre (1879–1970) est un sculpteur français dont l’œuvre a marqué l’art du XXe siècle, notamment dans la région de Toulouse. Né à Toulouse le 9 juillet 1879, Parayre traverse une enfance difficile après la perte prématurée de sa mère. Élevé par ses grands-parents, il découvre très tôt l’art du travail du bois grâce à son grand-père, Hugues Parayre, un artisan menuisier. Cette initiation précoce à la sculpture le pousse à intégrer l’École des Beaux-Arts de Toulouse, où il reçoit une formation rigoureuse sous la direction de Jean Rivière.
Désireux de se perfectionner, Parayre s’installe à Paris en 1900, où il étudie auprès de Paul Dubois à l’École des Beaux-Arts. Pour financer ses études, il travaille dans le domaine du mobilier et participe aux décorations du Grand Palais, une expérience qui lui permet d’acquérir une expertise dans les arts appliqués. En 1905, il s’installe à Béziers, où il épouse Jeanne Duprat et collabore avec l’entreprise funéraire de son beau-père, réalisant des bustes et bas-reliefs.
Son retour à Toulouse en 1907 marque un tournant dans sa carrière. Il devient maître d’atelier en sculpture à l’École des Beaux-Arts, un rôle qui lui permet de transmettre son savoir tout en poursuivant sa propre production artistique. Son œuvre est caractérisée par un souci du volume, de la composition et de l’expression, dans une veine qui oscille entre naturalisme et stylisation moderniste.
Parmi ses réalisations majeures, on compte le Monument à Jean Jaurès (1929), autrefois installé sur la Place du Capitole à Toulouse, mais détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, ne laissant subsister que la tête. La même année, il réalise le Monument à Paul Lacombe à Carcassonne, hommage au célèbre compositeur. En 1933, il crée deux fontaines pour la bibliothèque municipale de Toulouse : La Jeune Littérature et La Littérature Classique, symbolisant l’évolution du savoir. Un an plus tard, il réalise La Femme et l’Enfant pour la piscine municipale de Toulouse, consolidant son influence sur le paysage artistique de la ville.
Le travail de Parayre est salué pour son équilibre entre expressivité et retenue, où la force sculpturale s’allie à une sensibilité à l’espace et aux volumes. Ses œuvres sont conservées au Musée Denys-Puech à Rodez et au Musée du Vieux Toulouse, où elles continuent de témoigner de son talent.
En parallèle de son travail de sculpteur, Parayre joue un rôle essentiel dans la transmission des arts appliqués à Toulouse, formant de nombreux jeunes artistes et artisans. Son décès en 1970 marque la fin d’une carrière riche en contributions artistiques, mais son héritage demeure vivant. À travers ses monuments publics, ses recherches formelles et son engagement pédagogique, Henri Parayre s’impose comme une figure incontournable de la sculpture française du XXe siècle.